Cette performance propose une rencontre avec une fée urbaine immergée dans un bain de lait. Elle a perdu sa langue, engloutie au fond de la baignoire ; des centaines de lettres multicolores absorbées par le fluide immaculé et tiède. Seul le public, invité à se mouiller bras et mains, peut lui rendre l’usage d’une nouvelle parole. Mais l’opacité du liquide préserve le mystère, induit la probabilité d’une intimité partagée. Par miroirs interposés, l’image de lettres multicolores, arrachées à leur coma laiteux, reflète l’idée du lait maternel remplacé par l’acquisition du langage (cf. Julia Kristeva). Au final, sortant de son bain, la fée s’appropriera les mots du public déposés sur une surface vierge. De ce magma langagier, sera extraite une glossolalie primale synonyme de renaissance, de reconstruction. L’univers sonore diffusé aux alentours du bain est le résultat d’une improvisation entre la fée et l’homme qu’elle aime. A l’époque de l’enregistrement, son langage lui échappe déjà et une certaine détresse émane de cette « musique » instable. Entre mélodies inachevées et sons de bouches indistincts, la bande son oscille de manière fébrile entre silences et séquences assourdissantes, faux requiem pour un langage toujours réincarné.

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